QualityTime-ESL

Introduction : Enseigner l’anglais de manière efficace et interactive"

ou "Il est tout à fait possible d’apprendre à nos étudiants à parler correctement l’anglais !"

Traduit de l’américain par Laetitia Rebord et Marianne Raynaud

« QualityTime » fait référence à l’expression « quality time » que les Américains emploient souvent pour parler de ces précieux moments que nous passons avec nos enfants pendant leur jeunesse. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui, qui parviennent à combiner un travail à plein-temps avec un rôle actif et responsable de parents, se sentent souvent coupables d’avoir peu de temps à consacrer à leurs enfants. Cependant, la plupart des gens conviendront que c’est la « qualité » du temps passé ensemble qui est essentielle, pas simplement le nombre d’heures ou de minutes.

Le niveau dépend du type d’enseignement

Je ressens exactement la même chose pour l’enseignement d’une langue étrangère. Vous ne pouvez pas assimiler 100 ou 200 heures d’enseignement avec un niveau spécifique de compétence. Le niveau d’un étudiant en langue dépend du type d’enseignement que ce dernier a reçu et de la façon dont il réagit à celui-ci. Si le rôle de l’étudiant se limite à l’écoute passive, à une ou deux réponses données oralement et à un certain travail écrit principalement effectué en classe, il ne faut pas s’attendre à ce que l’étudiant « parle » la langue avec facilité. En réalité, il aura parlé anglais pendant 9 heures au plus sur 6 ans d’études.

Faire de deux heures de cours de langue par semaine, une expérience stimulante

D’autre part, si l’enseignant adapte une approche « QualityTime » dans laquelle il ou elle utilise des techniques d’apprentissage efficaces telles que les tutorats, le travail intensif en binômes, les jeux de rôle, la correction/l’autocorrection en temps réel ainsi que d’autres activités motivantes, pour ne pas en citer plus, l’étudiant progressera à un rythme étonnant. La méthode d’enseignement « QualityTime » consiste à analyser la stratégie et les objectifs requis pour faire d’un cours de langue hebdomadaire de deux heures, une expérience stimulante que tous les étudiants, quelque que soit leur niveau ou leurs capacités d’apprentissage, attendent avec intérêt et enthousiasme.

Eloges reçus au cours des années

Au cours des 20 dernières années, j’ai reçu beaucoup d’éloges par rapport à mon enseignement. Ces compliments viennent d’anciens étudiants et de collègues avec qui j’ai travaillé. Les étudiants m’ont avoué combien mes cours leur avaient été profitables, et les anciens collègues, avec qui j’ai travaillé en étroite collaboration, ont affirmé que ma méthode était vraiment « révolutionnaire », et même qu’ils avaient eu de la chance d’avoir pu suivre « le cours de formation pour enseignants de Mme Raynaud » ! Ces dernières années, ces collègues de travail m’ont encouragé à écrire sur ce qu’ils considèrent comme mes techniques très « dynamiques » d’enseignement.

Un cours qui allie efficacité et divertissement

En 1980, j’ai été nommé à l’université de Grenoble en France. Mon travail consistait à mettre en place des cours d’anglais pour les élèves ingénieurs à l’INPG (Institut National Polytechnique de Grenoble). J’étais censée être une « simple enseignante d’anglais » et non un chercheur. Il me semble, pourtant, avoir passé la majeure partie de ma carrière à inventer et à expérimenter différentes techniques d’enseignement et à écrire des textes et des exercices adaptés aux besoins des étudiants en langue. Peu à peu, j’ai pu organiser un programme d’études qui s’est avéré très efficace. Mes étudiants affirment que les cours étaient extrêmement motivants et qu’après deux ans de formation intensive, ils avaient le sentiment de savoir réellement « parler » anglais.

Pas plus tard qu’hier, un ancien étudiant est venu me voir pour me remercier de ces innombrables exercices et présentations orales qu’il avait faits pendant mes cours ! Il a ajouté qu’il se sentait maintenant vraiment à l’aise lorsqu’il devait préparer ou présenter un exposé en anglais.

Et il y a peu de temps, j’ai assisté à une magnifique projection de diapositives présentée par un autre de mes anciens étudiants, qui a parcouru le chemin entre McKinley en Alaska et Santiago au Chili en vélo avec un ami. La salle de conférence était remplie d’étudiants dont au moins une trentaine à qui j’avais enseigné ces dernières années. Ils sont tous venus me voir pour me raconter leurs bons souvenirs de classe et tout « le plaisir » qu’ils avaient pris lors des activités amusantes que je leur faisais faire. Oui, « plaisir » était le terme qu’ils avaient employé. Je sais que je les ai fait durement travailler et que je les ai forcés à mémoriser de longs textes et à pratiquer la langue souvent dans des situations difficiles, et ils se sont souvenus pourtant des rires qu’ils avaient eus et du plaisir qu’ils avaient pris à travailler ensemble tout en perfectionnant leurs connaissances linguistiques. Cela me renforce dans l’idée que si vous faites beaucoup travailler vos étudiants, ils apprendront beaucoup et seront toujours reconnaissants de votre enseignement.

Le cours d’anglais pour étudiants en science de Mme Raynaud

Alors que j’approche de la retraite et de la fin de ma carrière d’enseignante, de nombreuses personnes me demandent d’expliquer en quoi consiste ce fameux « cours d’anglais pour étudiants en science de Mme Raynaud ». Mes collègues et mes étudiants emploient le terme « cours de Mme Raynaud », mais cela peut porter à confusion. Quel que soit le terme employé, ce cours n’est surtout pas un simple manuel, qui s’achète dans une librairie de quartier ou sur Internet. Ce n’est pas un livre d’exercices avec des cassettes ou des CD. Il est plus approprié de parler d’une manière de penser et c’est pourquoi je préfère le titre « QualityTime-ESL ». ESL signifie « English as a Second Language » (anglais deuxième langue). Cette façon de penser est basée sur trois principes : une relation professeur-étudiant novatrice, des techniques d’enseignement interactif et intensif et un système d’évaluation conçu pour motiver l’étudiant. Un jour, un élève l’a résumée en quelques mots : « Mme Raynaud, vous avez vraiment le talent d’imaginer des activités en classe où les étudiants participent pratiquement tous en même temps et parlent presque spontanément, et c’est la clef d’un enseignement efficace ». L’étudiant avait compris que l’objectif est de donner à chaque étudiant un maximum de "temps de paroles individuel" pendant les diverses activités qu’il ou qu’elle appréciera et pendant lesquelles il ou elle participera avec assurance. C’est pourquoi je parle de l’importance du « IST » ou "Individual Speaking Time" - "temps de paroles individuel".

Assez de supports pédagogiques mais des méthodes efficaces insuffisantes

Juste avant de lancer mon projet « QualityTime-ESL:The Digital Resource Book » (« QualityTime-ESL : Le livre numérique du professeur », je me suis rendue dans une grande librairie de ma ville et je suis allée directement au rayon des manuels d’apprentissage des langues. J’ai été vraiment très impressionnée par l’énorme variété de livres pour étudiants en anglais deuxième langue. J’ai trouvé des livres d’autoformation avec des dialogues intéressants remplis du vocabulaire essentiel. Il y avait des manuels pour étudiants en science dans de nombreux domaines différents, des dictionnaires de toutes sortes, des CD, des recueils de chansons, des livres de jeu, etc. À ce moment-là, je me suis demandée : « avec tout cet excellent matériel didactique disponible aujourd’hui, comment se fait-il que de jeunes étudiants français entrant à l’université n’apprennent toujours pas à parler anglais ? Et pourquoi même après plusieurs années passées à l’université, n’arrivent-ils toujours pas à bien parler anglais ? ».

En effet, chaque année, les diplômés de lycée qui commencent leurs études d’ingénieur me disent toujours qu’ils n’ont jamais vraiment « parlé » anglais en classe. D’ailleurs, les ingénieurs qualifiés, interrogés pour des enquêtes, affirment que ce qu’ils regrettent le plus de leurs études universitaires est qu’ils n’ont pas appris à parler anglais correctement. Pour moi, le problème n’est pas un manque de supports pédagogiques mais un manque de méthodes efficaces basées sur une approche psychologique de l’apprentissage. Nous devons tenir compte des émotions qu’un étudiant ressent en apprenant une langue étrangère, des émotions qui favoriseront ou non l’apprentissage. Pour cette raison, la « méthode de Mme Raynaud », que j’appellerai dorénavant « QualityTime-ESL », est une manière alternative de penser, qui peut être adaptée à presque tous les niveaux de langue, des débutants aux étudiants expérimentés.

Aide de mes collaborateurs

Je dois aborder un autre point essentiel. Je n’ai pas élaboré ce cours toute seule. J’ai peut-être servi de mentor à mes plus jeunes collègues, mais je sais aussi que j’ai beaucoup appris des personnes, jeunes ou âgées, avec lesquelles j’ai travaillé. C’est pourquoi je souhaite manifester ma gratitude pour toute l’aide que j’ai reçue de mes collaborateurs, qui ont régulièrement fait du « remue-méninges » avec moi, qui ont suggéré de nombreuses idées, et qui ont participé à l’élaboration de nombreux supports originaux ainsi qu’à de nombreux enregistrements. Cependant, le cours porte mon nom, puisque j’ai toujours été la force motrice, le catalyseur; et parce que j’ai, pour ainsi dire, « matérialiser » les idées de l’équipe.

Langage de conversation et d’entretien

Quand il a fallu mettre sur papier la « philosophie » de mon enseignement ainsi que les conseils, les astuces, et même les différentes « ficelles du métier » que je pourrais laisser aux futures générations de professeurs enthousiastes, j’ai pensé que le langage de conversation et d’entretien conviendrait mieux à mes besoins. J’ai souvent trouvé pénible la lecture des articles avec des phrases à rallonge, remplis de jargon, ce qui est assez courant dans les articles sur l’enseignement de l’anglais deuxième langue en France. J’ai voulu expliquer, dans un langage simple, les découvertes personnelles que j’ai faites, les erreurs que j’ai dues corriger et les extraordinaires récompenses malgré les difficultés, qui ont marqué ma carrière. J’ai voulu être aussi réaliste que possible et avoir un regard honnête sur mon évolution, une évolution qui a naturellement rencontré un certain nombre d’échecs et pas toujours du succès !

Mon destin - Ma mission

L’un dans l’autre, je dois dire, cependant, que je dois beaucoup à mon destin, qui m’a permis de devenir professeur. À l’âge de vingt ans, j’ai écrit dans mon journal intime que je voulais trouver une mission dans ma vie. Cette mission s’est avérée être l’enseignement de l’anglais deuxième langue. Si ce livre de conversations peut aider de jeunes professeurs qui entament une carrière, ou d’autres qui essaient de trouver une façon meilleure et plus efficace d’enseigner au niveau universitaire, quelque soit la langue ou la matière, je serai enchantée. J’aurais parfaitement accompli ma mission. Je souhaite ajouter que j’ai été considérablement encouragé par ma fille, qui affirme n’avoir jamais rencontré quelqu’un d’aussi passionné par son travail que sa propre mère. J’espère que cet enthousiasme ainsi que l’immense plaisir que j’ai pris tout au long de ma carrière seront transmis par ce livre et en inspireront d’autres.

Parler ouvertement et demander conseil

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai souhaité utiliser un style de « conversations » plutôt que celui d’un article académique. J’ai toujours formé les enseignants « en leur parlant » tout en indiquant les différentes étapes d’une leçon et en analysant verbalement avec eux les objectifs et la stratégie à utiliser. Je me rappelle encore de manière frappante, comment nous confrontions nos idées avec enthousiasme afin de nous mettre d’accord sur l’approche à adopter. J’étais heureuse de voir que de jeunes professeurs se sentaient assez confiants avec moi pour parler ouvertement et pour demander conseil chaque fois qu’ils en avaient besoin. J’étais moi aussi toujours très honnête par rapport aux problèmes auxquels j’avais dû faire face ou que je continuais de rencontrer même vers la fin de ma carrière. La communication était vraiment notre force. J’ai donc voulu que ce livre reflète toutes les conversations intenses et enrichissantes que j’ai eues.

Ma collègue virtuelle

Le problème principal que j’ai rencontré quand j’ai commencé à écrire était de choisir la « personne » avec qui j’allais avoir toutes ces conversations. Trouver la bonne personne était une tâche difficile. La plupart des enseignants avec qui j’ai travaillé sont aujourd’hui des professionnels chevronnés extrêmement compétents. Bien que bon nombre d’entre eux soient certainement disposées à admettre s’être posé les mêmes questions quand ils ont commencé à enseigner avec moi, j’ai pensé qu’il serait injuste de leur demander de faire semblant d’être des « débutants naïfs » dans l’intérêt d’un livre. Les questions étaient claires dans mon esprit. Je les avais entendues tellement de fois dans la bouche de mes différents collègues ou je les avais formulées dans des conversations imaginaires, à la manière de ce qu’on fait en préparant un discours ou un atelier pour un colloque. C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé simplement de créer une jeune collègue « virtuelle » avec qui je pourrais discuter à la fois des techniques de base utilisées pour motiver les étudiants ainsi que des questions plus complexes qui se posent quand vous essayez d’élaborer un programme d’études entier. Ma collègue virtuelle s’appelle "Laura Lerner". C’est un concentré d’une trentaine de jeunes collègues, qui au cours des années ont choisi d’apprendre la méthode de Mme Raynaud, que je qualifie dorénavant d’enseignement « QualityTime-ESL ». Ceci peut paraître un peu artificiel, mais l’objectif de ce livre est de donner des réponses claires et sincères aux problèmes que la plupart des professeurs de langue, au niveau universitaire ou secondaire, doivent affronter à un moment donné. J’ai l’espoir que certains de mes lecteurs s’identifieront à Laura Lerner et s’apercevront que ses questions pourraient, dans certains cas, avoir été les leurs.

Pour tous les enseignants du monde, quel que soit l’équipement qu’ils utilisent

J’ai voulu aussi que ces conversations soient écrites en anglais et non en français, puisque les idées que j’exprime ne sont en aucun cas limitées à l’anglais deuxième langue en France. Bien qu’une partie du matériel didactique inclus dans l’annexe numérique contienne des listes de vocabulaire avec leurs traductions en français et/ou des exercices qui nécessitent une traduction du français vers l’anglais, ce livre « numérique » de ressources peut, à mon avis, être utile aux professeurs d’anglais du monde entier. De plus, les professeurs d’autres langues comme l’espagnol, l’italien, l’allemand, le russe, etc. peuvent trouver ces idées ou "recettes" utiles pour rendre leurs propres cours plus vivants et plus interactifs. Les professeurs de deuxième langue du monde entier peuvent lire l’anglais, qui est, au moins pour le moment, la « lingua franca » de notre temps. Même si je parle longuement de l’utilisation des laboratoires de langue ou des dispositifs multimédia, je suis certaine que les professeurs pourront adopter dans leurs cours la plupart des activités et exercices proposés dans ce livre, même s’ils n’ont pas accès à un équipement audiovisuel élaboré.

La collaboration mène au travail d’équipe

J’espère sincèrement que le fait d’avoir pris connaissance des « tutorats et d’autres méthodes de communication « en individuel », comme les « entretiens à deux », pourra inciter les professeurs à faire équipe et à demander, par exemple, à leurs établissements les fonds nécessaires pour l’équipement audiovisuel et/ou l’utilisation des salles informatiques avec accès à Internet. Il n’est pas toujours facile de travailler avec les autres, je l’admets ; mais la collaboration mène au vrai travail d’équipe, et ce dernier est la deuxième clef essentielle du succès après la motivation ! Je vais longuement parler des nombreux et grands avantages d’un travail en équipe. J’espère convaincre plus d’une personne que le travail d’équipe augmente étonnamment la motivation des étudiants.

L’utilisation de ce livre de ressources et ses différentes parties

Je voudrais également préciser que, dans un souci de clarté, je commence ce livre par ma « philosophie de base » sur l’enseignement des langues étrangères et je poursuis par le récit de ma propre expérience de professeur. Puis, je continue en parlant des trois piliers de base de mon enseignement : « les tutorats, le travail en laboratoire et le programme commun d’études. » Les chapitres suivants sont consacrés aux explications que j’ai souvent données aux collègues qui sont venus me demander conseil ou avis sur un sujet en particulier. Ils traitent de points comme les interrogations orales et écrites, la rédaction des supports didactiques, le travail écrit à faire en dehors de la classe, l’évaluation de la participation, la discipline en classe, les méthodes de travail en binômes ou comment filmer les étudiants, pour n’en citer que quelques-uns. Dans l’Annexe numérique, les enseignants trouveront le matériel didactique d’origine que j’ai rédigé toute seule ou avec des collègues. J’ai inscrit les noms de ces collègues sur la page de remerciements. Vous trouverez également quelques scripts d’enregistrement ou articles que j’ai adapté ou auxquels j’ai ajouté des exercices. Les sources ou les références de ces documents sont indiquées pour que les enseignants puissent facilement acheter les supports d’origine auxquels je me réfère et que j’utilise dans mes versions adaptées.

Les liens hypertexte et l’annexe de documents

Le matériel didactique de l’Annexe numérique n’est pas présenté dans le même ordre que dans ce livre. Cependant, les références, sous forme de liens hypertexte dans les pages du livre, permettront aux enseignants de cliquer sur les liens joints à ces documents, de visualiser ces fichiers sur un écran d’ordinateur, puis d’imprimer les supports directement au format A4. Si d’autre part, les professeurs cherchent un document en particulier ou un type de document, ils trouveront facilement ces fichiers, puisqu’ils sont regroupés par catégories dans « la structure en arbre » de l’Annexe Numérique.

La chance de pouvoir « créer » un programme à partir des supports de l’Annexe numérique

L’idée qui se cache derrière cette annexe de documents est très simple. Très souvent les professeurs souhaitent concevoir, mais ils ignorent par où ou comment commencer. Il existe tellement de matériaux pédagogiques de nos jours (manuels, CD, DVD et Internet) qu’ils ne savent plus quoi choisir. Cependant ils éprouvent le désir d’écrire leurs propres matériaux adaptés aux besoins de leurs étudiants, mais ils ignorent comment débuter. J’offre donc aux enseignants la possibilité de « créer » leur propre programme en choisissant librement dans l’Annexe numérique. Ils peuvent choisir divers exercices de grammaire et de vocabulaire, textes de compréhension orale et, peut-être encore plus important, des pages de « conseils » sur les « tutorats», les « présentations orales », les « discours de remerciements », les « tables rondes », les « entraînements type « Brain Training», les « enquêtes », les « projets », les « rapports de stage », les « CV », les « lettres », etc. Ils peuvent donc utiliser des exercices ou explications sans être obligés de « découper et coller » des feuilles de papier ou même retaper toutes ces pages.

Les fichiers peuvent être téléchargés et adaptés pour répondre aux besoins spécifiques

De nombreux documents ne peuvent être modifiés (à part les numéros de page) puisque ce sont des images et ils doivent être utilisés tels quels. Néanmoins, d’autres plus généraux sur le « cours dans son ensemble » et sur le « calendrier ou programme d’études » peuvent en fait être téléchargés puis adaptés aux besoins des enseignants, c’est-à-dire que les noms des établissements, le nombre d’heures de cours, etc. peuvent facilement être changés et des parties de texte peuvent être purement effacées ou modifiées. Ces fichiers « adaptables » finissent par « +.doc ». Après avoir fait les changements nécessaires, les enseignants constateront que les explications « personnalisées » de leur propre cours prendront une allure très professionnelle ! De plus, les grilles pour devoirs écrits, comme les « fiches de révisions » numérisées, que les étudiants téléchargent à partir d’un site Intranet de leur établissement, ont été incluses pour que l’enseignant ne perde pas de temps à composer toutes ces petites cases !

Exemples pour rédiger vos propres instructions ou examens oraux

Parmi les documents de l’Annexe numérique se trouvent des pages dans lesquelles je décris mon propre cours et son programme. Ces pages sont données comme illustrations. J’ai même inclus quelques exemples de « pages de devoirs » et des explications sur l’évaluation de la participation ainsi que quelques examens de fin de semestre (écrits et oraux). J’espère que tous ces supports motiveront les professeurs à rédiger leurs propres instructions selon les besoins et souhaits particuliers des étudiants. Les instructions que je donne peuvent d’abord sembler bien trop longues, puisque j’ai tendance à détailler, par exemple en ce qui concerne « les entretiens formels ». Mais « ces pages instruction » font partie du travail personnel des étudiants en dehors du cours et constituent ainsi un entraînement supplémentaire à la lecture.

Ces pages ne doivent pas être utilisées comme supports pendant le cours. De plus, je peux affirmer, sans le moindre doute, que les étudiants se sentent rassurés lorsque je leur dis qu’ils peuvent se détendre en classe, étant donné qu’ils pourront toujours lire chez eux les instructions qui se trouvent dans les « polycopiés » (distribués trois fois par an), au cas qu’ils n’auraient pas compris tout ce que j’ai dit en classe. Cela évite tous les malentendus possibles, puisque je parle à mes étudiants exclusivement en anglais, en classe comme à l’extérieur ! En fait, les étudiants me disent que même s’ils ont tout compris en cours, ils sont toujours ravis d’avoir les instructions écrites lorsqu’une semaine plus tard, ils s’assoient pour préparer une activité en ayant oublié la plupart de ce que j’ai dit ! De toute façon, j’ai toujours pensé qu’il n’est pas suffisant de « dire » aux étudiants ce que nous leur demandons. Il vaut vraiment mieux leur donner les instructions également par écrit.

Pourquoi tant d’exemples personnels ?

Certains lecteurs peuvent se demander pourquoi j’ai inclus des parties comme mon propre programme d’études de première année et des exemples des calendriers, des listes d’inscription aux activités, des pages de devoirs, des grilles d’évaluation et des fiches de révision. Deux raisons ont motivé ce choix. D’abord, en expliquant les activités, j’ai essayé d’être aussi précise et directe que possible, et personne ne me contredira si j’affirme qu’une image vaut mille mots ! J’ai toujours pensé que l’exemple est la meilleure manière d’enseigner et/ou de convaincre un public. Ensuite, je me sentais souvent très frustrée quand mes collègues parlaient en termes « généraux » de ce qui « fonctionne » pour eux et même lorsqu’ils me donnaient des exemples d’exercices que je pourrais faire, sans m’expliquer comment ils utilisaient eux-mêmes ces exercices dans leur propre enseignement. C’est bien beau d’entendre dire que les « étudiants participent aux débats » ou « présentent des projets », mais ce qui importe est d’apprendre quel genre de conseils le professeur donne aux étudiants et de quelle façon il/elle évalue leur travail. Je peux donner l’impression d’être trop loquace, mais je veux seulement être aussi franche que possible avec mes étudiants et mes lecteurs.

Les documents sont denses : beaucoup de mots par page !

Je souhaite préciser que les documents, en particulier les documents « image », sont assez « denses » ; autrement dit, il y a souvent beaucoup, beaucoup de mots par page. J’ai fait cela dans un but précis. J’ai toujours procédé de cette manière, car je crois que le fait de photocopier une multitude de pages entraîne un gaspillage énorme de papier. Je pense que nous avons le devoir de contribuer à la sauvegarde des arbres pour protéger l’environnement, et j’essaye donc de remplir chaque page au maximum.

Je souhaite faire une autre remarque importante. La présentation de la plupart des documents (sauf les présentations PowerPoint et les films) est très sobre et seulement en noir et blanc. Les enseignants peuvent regretter le manque de couleur sur ces pages. Cependant, il est bien moins cher de photocopier en noir et blanc; et en plus, je pense que les étudiants à l’université préfèrent travailler sur des documents discrets en couleurs, qui ne semblent pas avoir été pris dans des manuels prévus pour le lycée ou même le CES. Mes étudiants n’ont jamais semblé ennuyés par un manque de « Technicolor ». En fait, c’est bien mieux quand les étudiants ajoutent eux-mêmes des « couleurs » à l’environnement de la classe en projetant de merveilleuses diapositives en couleurs sur les rétroprojecteurs ou vidéo projecteurs en utilisant PowerPoint par exemple. Vous pouvez voir des exemples de leur travail dans l’Annexe numérique.

Le « travail artistique » personnel des étudiants

Je voudrais ajouter aussi que je me suis toujours abstenue d’inclure des dessins provenant de magazines ou de livres. Tout d’abord, c’est illégal par rapport à la loi sur les droits d’auteur et puis, ce que les étudiants aiment vraiment voir dans les livrets et ce qu’ils regardent et lisent avec plaisir, ce sont tous les dessins et légendes qu’ils ont produits eux-mêmes pour le cours. Je fais référence à leurs « projets », à leurs « voitures futuristes », à leurs « invitations aux séminaires » avec l’attribution de noms très drôles aux « intervenants invités » ou d’autres formes d’humour qu’eux-mêmes ou leurs camarades du même groupe ou d’autres groupes ont proposés. Quand mes collègues et moi distribuons un nouveau polycopié avec des reproductions réduites de « travail artistique » et de textes amusants d’anciens étudiants, les élèves rient beaucoup et indiquent du doigt avec enthousiasme d’innombrables pages du polycopié. Leur joie fait plaisir à voir. Dans l’Annexe numérique, j’ai inclus quelques exemples numérisés de « travaux d’art » d’étudiants dont les enseignants pourraient vouloir se servir quand ils commencent, c’est-à-dire avant d’avoir reçu des contributions artistiques de leurs propres étudiants. Dernier point, les marges sont assez larges, car j’ai remarqué que les étudiants aiment avoir de la place pour faire des annotations ou ajouter des étoiles ou des flèches quand ils révisent pour un examen ou lorsqu’ils préparent une présentation orale.

Documents photocopiables

Les enseignants sont libres de photocopier et utiliser l’ensemble des supports de l’Annexe numérique comme ils le souhaitent, en tant que feuilles individuelles ou assemblées en polycopiés, ce qui me paraît plus pratique pour les étudiants. Je demande seulement qu’ils gardent les indications de droit d’auteur inscrites en bas de page et/ou qu’ils achètent les manuels, les cassettes ou les documents vidéo aux lesquels je me réfère. De plus, j’apprécierais que les professeurs indiquent à leurs établissements (comme nous le faisons en France) les pages utilisées et le nombre de photocopies effectuées. Beaucoup d’établissements ont maintenant des accords sur les droits d’auteur avec des maisons d’édition. L’enseignant n’a rien à payer, mais les fonds versés par les universités aident les auteurs comme moi à se faire publier. Mon dernier souhait serait que les professeurs qui utilisent les idées de ce livre et le matériel didactique de l’Annexe numérique, partagent, à leur tour, leurs expériences et, qu’un jour, leur propre travail contribuera à une base de données mondiale des supports didactiques d’ESL qui inspirera de nouvelles générations des professeurs de langue étrangère à adapter une approche envers l’enseignement sur les bases de "QualityTime-ESL".

Un pas vers plus de communication et de coopération

Maintenant que je m’approche de la retraite, j’ai essayé dans ce livre de transmettre mes idées aux enseignants de tout âge, qui aiment enseigner autant que moi. J’espère que ce livre constituera une étape vers une plus grande communication et coopération entre professeurs d’anglais du monde entier.

Marianne Raynaud


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